Le subjonctif
Le subjonctif exprime le doute, l’incertitude, le souhait ou la subjectivité. Ce module introduit ses conjugaisons, ses valeurs principales et ses emplois dans des contextes formels et familiers.
Le subjonctif exprime le doute, l’incertitude, le souhait ou la subjectivité. Ce module introduit ses conjugaisons, ses valeurs principales et ses emplois dans des contextes formels et familiers.
Unité 44 – Le subjonctif (B2)
Introduction
À ce niveau, vous savez déjà raconter, argumenter et nuancer vos idées. Le subjonctif va vous aider à franchir un cap : il permet d’exprimer ce qui n’est pas présenté comme un fait certain, mais comme une opinion, une émotion, un souhait, une nécessité ou une possibilité. Dans la communication réelle, on l’utilise tout le temps : pour réagir (“Je suis content que tu viennes”), pour conseiller (“Il faut que tu te reposes”), pour négocier (“Je veux que vous me répondiez aujourd’hui”), ou pour discuter d’hypothèses (“Il est possible qu’il soit en retard”).
Dans cette unité, je vais vous guider pas à pas : quand on choisit le subjonctif, comment on le forme, comment éviter les pièges les plus fréquents, et comment l’utiliser naturellement, aussi bien dans un contexte formel que dans une conversation quotidienne.

Objectifs d’apprentissage
À la fin de cette unité, tu seras capable d’identifier les situations où le subjonctif est attendu (émotion, volonté, doute, jugement, nécessité, concession), de le conjuguer correctement (formes régulières et principales irrégularités), de choisir entre subjonctif et indicatif selon le sens (affirmation vs négation, certitude vs incertitude), et de produire des phrases naturelles à l’oral comme à l’écrit, y compris avec des tournures fréquentes comme « bien que », « pour que », « il faut que » et « je ne pense pas que ».
1) À quoi sert le subjonctif : la logique du “non-certain”
Le subjonctif n’exprime pas “le passé” ou “le futur” : il exprime surtout une attitude du locuteur face à l’information. Très souvent, on l’emploie quand la proposition introduite par que n’est pas présentée comme un fait, mais comme quelque chose d’envisagé, souhaité, discuté, redouté, évalué.
Comparez :
Je sais qu’il vient. (information présentée comme vraie)
Je veux qu’il vienne. (volonté : ce n’est pas un fait, c’est une demande)
Je suis surpris qu’il vienne si tôt. (réaction subjective)
Dans la vraie vie, le subjonctif sert donc à gérer la relation : demander, influencer, réagir, nuancer, exprimer une réserve.

Important
Le subjonctif apparaît très souvent après que. Ce n’est pas “que” qui impose le subjonctif, mais la valeur de l’expression qui précède : volonté, émotion, doute, jugement, nécessité, etc.
2) Formation : subjonctif présent (régulier) et prononciation
Au niveau B2, l’objectif est de maîtriser le subjonctif présent dans la majorité des cas. La formation est relativement stable :
Pour beaucoup de verbes, on part de la forme ils au présent de l’indicatif, on enlève -ent, puis on ajoute :
-e, -es, -e, -ions, -iez, -ent
Exemples :
parler : qu’ils parlent → que je parle, que tu parles, qu’il parle, que nous parlions, que vous parliez, qu’ils parlent.
finir : qu’ils finissent → que je finisse, que nous finissions, etc.
prendre : qu’ils prennent → que je prenne, que nous prenions, etc.
À l’oral, attention : pour beaucoup de verbes, les formes je/tu/il/ils se prononcent pareil. La différence se voit surtout à l’écrit (et dans nous / vous).
3) Les irréguliers indispensables (et très fréquents)
Certains verbes sont incontournables et ne suivent pas complètement le modèle. Voici les formes à connaître, parce qu’elles reviennent constamment dans les échanges.
Être : que je sois, que tu sois, qu’il soit, que nous soyons, que vous soyez, qu’ils soient.
Avoir : que j’aie, que tu aies, qu’il ait, que nous ayons, que vous ayez, qu’ils aient.
Aller : que j’aille, que tu ailles, qu’il aille, que nous allions, que vous alliez, qu’ils aillent.
Faire : que je fasse, que tu fasses, qu’il fasse, que nous fassions, que vous fassiez, qu’ils fassent.
Pouvoir : que je puisse, que tu puisses, qu’il puisse, que nous puissions, que vous puissiez, qu’ils puissent.
Savoir : que je sache, que tu saches, qu’il sache, que nous sachions, que vous sachiez, qu’ils sachent.
Vouloir : que je veuille, que tu veuilles, qu’il veuille, que nous voulions, que vous vouliez, qu’ils veuillent.
Venir : que je vienne, que tu viennes, qu’il vienne, que nous venions, que vous veniez, qu’ils viennent.
Prendre : que je prenne, que tu prennes, qu’il prenne, que nous prenions, que vous preniez, qu’ils prennent.
4) Les emplois principaux : quand le subjonctif est attendu
Plutôt que d’apprendre des listes, retenez une idée simple : le subjonctif arrive quand la phrase “ouvre” une zone de subjectivité, d’influence ou d’incertitude.
4.1 Émotions et réactions
Quand vous exprimez une réaction personnelle, le subjonctif est naturel :
Je suis ravi que tu sois là.
Ça m’étonne qu’il refuse.
Je regrette que nous n’ayons pas plus de temps.
On le retrouve aussi avec des tournures comme : être content/triste/surpris/choqué, regretter, se réjouir, avoir peur.
4.2 Volonté, demande, interdiction
Ici, vous cherchez à influencer la réalité : vous voulez que quelque chose se produise. Le subjonctif est donc logique.
Je veux que tu viennes avec nous.
Je préfère que vous m’appeliez demain.
Le responsable exige que le dossier soit complet.
J’interdis qu’on parle de ça devant les enfants.
4.3 Nécessité, obligation, importance
Très fréquent dans un contexte professionnel :
Il faut que tu signes ici.
Il est nécessaire que nous soyons prêts à 9 h.
Il est important que chacun donne son avis.
4.4 Doute, incertitude, possibilité (et leurs nuances)
Quand vous ne validez pas l’information comme certaine, le subjonctif apparaît souvent :
Je doute qu’il accepte.
Il est possible qu’elle soit déjà partie.
Je ne suis pas sûr qu’ils aient compris.
Dans la conversation, ces formes servent à rester prudent : on évite d’affirmer trop fort.
4.5 Jugement et appréciation
Quand vous évaluez une situation (bien/mal, dommage/utile/normal…), vous entrez dans une lecture subjective :
C’est dommage que tu ne puisses pas venir.
Il est normal que vous soyez fatigués après ce rythme.
C’est incroyable qu’il fasse si chaud en octobre.
4.6 But, concession, condition : les conjonctions qui déclenchent souvent le subjonctif
Certaines conjonctions introduisent une idée non factuelle (objectif, concession, éventualité). Elles appellent donc le subjonctif :
pour que : Je répète pour que tout le monde comprenne.
afin que : Je t’envoie le lien afin que tu puisses vérifier.
bien que / quoique : Bien qu’il soit occupé, il répond toujours.
à condition que : On valide, à condition que vous confirmiez par écrit.
avant que : Appelle-moi avant que je parte.
5) Indicatif ou subjonctif ? Les contrastes qui changent le sens
C’est ici que le niveau B2 se voit : vous ne choisissez pas un mode “automatiquement”, vous le choisissez selon le sens.
5.1 « Je pense que » vs « Je ne pense pas que »
Je pense qu’il a raison. (je présente ça comme probable/validé)
Je ne pense pas qu’il ait raison. (je n’adhère pas à l’idée : incertitude)

Attention
Erreur très fréquente : dire « Je ne pense pas qu’il a raison ». À l’oral, on l’entend parfois, mais en français standard (et à l’écrit), on attend « Je ne pense pas qu’il ait raison ».
5.2 « Il est certain que » vs « Il n’est pas certain que »
Il est certain qu’ils vont arriver. (certitude → indicatif)
Il n’est pas certain qu’ils arrivent à l’heure. (incertitude → subjonctif)
5.3 « Le fait que » : attention au sens
Avec le fait que, on peut trouver les deux selon l’intention :
Le fait qu’il est déjà parti explique son silence. (on présente un fait)
Le fait qu’il soit déjà parti me dérange. (on insiste sur la réaction / l’évaluation)
Dans la pratique, beaucoup de locuteurs utilisent le subjonctif après le fait que quand il y a une dimension d’appréciation ou de polémique.
6) Négation, questions et ordre des mots
Le subjonctif ne change pas l’ordre des mots : il se place dans la proposition introduite par que.
Affirmatif : Je veux que tu viennes demain.
Négatif : Je ne veux pas que tu viennes demain.
Question : Tu veux que je t’aide ? / Est-ce que tu veux que je t’aide ?
Dans la proposition au subjonctif, la négation encadre le verbe comme d’habitude :
Je suis content que tu ne sois pas seul.
Il faut que nous ne perdions pas de temps. (plus soutenu ; à l’oral on reformule souvent : « Il faut qu’on évite de perdre du temps. »)
7) Orthographe et accords : points à surveiller
Au subjonctif, les difficultés sont souvent orthographiques :
1) -ions / -iez : que nous parlions, que vous finissiez, que nous puissions. Ce sont des formes très visibles à l’écrit.
2) Verbes en -ger / -cer : que nous mangions (g + i), que nous commencions (ç + i).
3) Accord du participe passé : le mode ne change pas les règles. Exemple : Je suis content que tu aies pris le temps. / Je suis content que la décision ait été prise.
8) Subjonctif présent vs subjonctif passé : quand parler d’un fait antérieur
Le subjonctif passé sert à situer l’action de la proposition au subjonctif avant celle de la principale. Il se forme avec être/avoir au subjonctif présent + participe passé.
Je suis content que tu sois venu. (tu es venu avant : maintenant, je réagis)
Je regrette qu’ils aient annulé au dernier moment.
Il est possible qu’elle ait oublié.
Dans la langue courante, on utilise beaucoup ce temps pour commenter un événement passé sans l’affirmer comme totalement certain (surtout avec “possible”, “doute”, “pas sûr”).
9) Quand ne pas utiliser le subjonctif
Il y a des situations où l’indicatif est clairement attendu :
1) Certitude, constat, information : Je constate qu’il y a un problème. / Il est évident qu’elle a raison.
2) Après “après que” : Après qu’il est parti, on a fermé le bureau. (en français standard, c’est l’indicatif ; à l’oral, on entend parfois le subjonctif, mais ce n’est pas la norme.)
3) Avec “espérer que” : J’espère que tu viens demain. (indicatif, parce qu’on se projette vers une réalisation attendue)
10) Erreurs fréquentes et stratégies pour parler plus naturellement
Erreur 1 : choisir le mode par habitude. Réflexe utile : demandez-vous “Est-ce que je présente un fait ou une attitude ?”.
Erreur 2 : oublier l’irrégulier. Les verbes “être”, “avoir”, “faire”, “aller”, “pouvoir”, “savoir”, “vouloir”, “venir” reviennent tout le temps : ce sont vos priorités.
Erreur 3 : surutiliser le subjonctif. Quand vous êtes dans le factuel (“je sais”, “c’est sûr”, “c’est évident”), restez à l’indicatif : c’est plus clair et plus naturel.
Exercices

Entraîne-toi à utiliser les structures grammaticales étudiées dans cette unité.
| Exercice | Réponse |
|---|---|
| Complète avec le mode correct (indicatif ou subjonctif) : « Je pense qu’il (être) ______ déjà au courant. » | Je pense qu’il est déjà au courant. (indicatif : opinion présentée comme probable/validée) |
| Complète : « Je ne pense pas qu’il (être) ______ au courant. » | Je ne pense pas qu’il soit au courant. (subjonctif : non-adhésion / incertitude) |
| Conjugue au subjonctif présent : « Il faut que nous (faire) ______ un choix avant ce soir. » | Il faut que nous fassions un choix avant ce soir. |
| Transforme en utilisant « bien que » : « Il est très fatigué, mais il continue à travailler. » | Bien qu’il soit très fatigué, il continue à travailler. |
| Choisis la bonne forme : « Je suis heureux que vous (pouvoir) ______ venir. » | Je suis heureux que vous puissiez venir. |
| Mets au subjonctif passé : « Je regrette qu’elle (annuler) ______ le rendez-vous. » | Je regrette qu’elle ait annulé le rendez-vous. |
| Complète avec la forme correcte : « Il est possible qu’ils (avoir) ______ oublié l’adresse. » | Il est possible qu’ils aient oublié l’adresse. |
| Réécris en gardant le sens (subjonctif attendu) : « Je veux que tu me réponds aujourd’hui. » | Je veux que tu me répondes aujourd’hui. |
| Choisis le mode correct : « Après qu’il (partir) ______, on a commencé la réunion. » | Après qu’il est parti, on a commencé la réunion. (indicatif en français standard) |
| Complète : « Je suis surpris qu’il ne (dire) ______ rien. » | Je suis surpris qu’il ne dise rien. |
Unité 44 – Le subjonctif (B2)
Introduction
À ce niveau, vous savez déjà raconter, argumenter et nuancer vos idées. Le subjonctif va vous aider à franchir un cap : il permet d’exprimer ce qui n’est pas présenté comme un fait certain, mais comme une opinion, une émotion, un souhait, une nécessité ou une possibilité. Dans la communication réelle, on l’utilise tout le temps : pour réagir (“Je suis content que tu viennes”), pour conseiller (“Il faut que tu te reposes”), pour négocier (“Je veux que vous me répondiez aujourd’hui”), ou pour discuter d’hypothèses (“Il est possible qu’il soit en retard”).
Dans cette unité, je vais vous guider pas à pas : quand on choisit le subjonctif, comment on le forme, comment éviter les pièges les plus fréquents, et comment l’utiliser naturellement, aussi bien dans un contexte formel que dans une conversation quotidienne.

Objectifs d’apprentissage
À la fin de cette unité, tu seras capable d’identifier les situations où le subjonctif est attendu (émotion, volonté, doute, jugement, nécessité, concession), de le conjuguer correctement (formes régulières et principales irrégularités), de choisir entre subjonctif et indicatif selon le sens (affirmation vs négation, certitude vs incertitude), et de produire des phrases naturelles à l’oral comme à l’écrit, y compris avec des tournures fréquentes comme « bien que », « pour que », « il faut que » et « je ne pense pas que ».
1) À quoi sert le subjonctif : la logique du “non-certain”
Le subjonctif n’exprime pas “le passé” ou “le futur” : il exprime surtout une attitude du locuteur face à l’information. Très souvent, on l’emploie quand la proposition introduite par que n’est pas présentée comme un fait, mais comme quelque chose d’envisagé, souhaité, discuté, redouté, évalué.
Comparez :
Je sais qu’il vient. (information présentée comme vraie)
Je veux qu’il vienne. (volonté : ce n’est pas un fait, c’est une demande)
Je suis surpris qu’il vienne si tôt. (réaction subjective)
Dans la vraie vie, le subjonctif sert donc à gérer la relation : demander, influencer, réagir, nuancer, exprimer une réserve.

Important
Le subjonctif apparaît très souvent après que. Ce n’est pas “que” qui impose le subjonctif, mais la valeur de l’expression qui précède : volonté, émotion, doute, jugement, nécessité, etc.
2) Formation : subjonctif présent (régulier) et prononciation
Au niveau B2, l’objectif est de maîtriser le subjonctif présent dans la majorité des cas. La formation est relativement stable :
Pour beaucoup de verbes, on part de la forme ils au présent de l’indicatif, on enlève -ent, puis on ajoute :
-e, -es, -e, -ions, -iez, -ent
Exemples :
parler : qu’ils parlent → que je parle, que tu parles, qu’il parle, que nous parlions, que vous parliez, qu’ils parlent.
finir : qu’ils finissent → que je finisse, que nous finissions, etc.
prendre : qu’ils prennent → que je prenne, que nous prenions, etc.
À l’oral, attention : pour beaucoup de verbes, les formes je/tu/il/ils se prononcent pareil. La différence se voit surtout à l’écrit (et dans nous / vous).
3) Les irréguliers indispensables (et très fréquents)
Certains verbes sont incontournables et ne suivent pas complètement le modèle. Voici les formes à connaître, parce qu’elles reviennent constamment dans les échanges.
Être : que je sois, que tu sois, qu’il soit, que nous soyons, que vous soyez, qu’ils soient.
Avoir : que j’aie, que tu aies, qu’il ait, que nous ayons, que vous ayez, qu’ils aient.
Aller : que j’aille, que tu ailles, qu’il aille, que nous allions, que vous alliez, qu’ils aillent.
Faire : que je fasse, que tu fasses, qu’il fasse, que nous fassions, que vous fassiez, qu’ils fassent.
Pouvoir : que je puisse, que tu puisses, qu’il puisse, que nous puissions, que vous puissiez, qu’ils puissent.
Savoir : que je sache, que tu saches, qu’il sache, que nous sachions, que vous sachiez, qu’ils sachent.
Vouloir : que je veuille, que tu veuilles, qu’il veuille, que nous voulions, que vous vouliez, qu’ils veuillent.
Venir : que je vienne, que tu viennes, qu’il vienne, que nous venions, que vous veniez, qu’ils viennent.
Prendre : que je prenne, que tu prennes, qu’il prenne, que nous prenions, que vous preniez, qu’ils prennent.
4) Les emplois principaux : quand le subjonctif est attendu
Plutôt que d’apprendre des listes, retenez une idée simple : le subjonctif arrive quand la phrase “ouvre” une zone de subjectivité, d’influence ou d’incertitude.
4.1 Émotions et réactions
Quand vous exprimez une réaction personnelle, le subjonctif est naturel :
Je suis ravi que tu sois là.
Ça m’étonne qu’il refuse.
Je regrette que nous n’ayons pas plus de temps.
On le retrouve aussi avec des tournures comme : être content/triste/surpris/choqué, regretter, se réjouir, avoir peur.
4.2 Volonté, demande, interdiction
Ici, vous cherchez à influencer la réalité : vous voulez que quelque chose se produise. Le subjonctif est donc logique.
Je veux que tu viennes avec nous.
Je préfère que vous m’appeliez demain.
Le responsable exige que le dossier soit complet.
J’interdis qu’on parle de ça devant les enfants.
4.3 Nécessité, obligation, importance
Très fréquent dans un contexte professionnel :
Il faut que tu signes ici.
Il est nécessaire que nous soyons prêts à 9 h.
Il est important que chacun donne son avis.
4.4 Doute, incertitude, possibilité (et leurs nuances)
Quand vous ne validez pas l’information comme certaine, le subjonctif apparaît souvent :
Je doute qu’il accepte.
Il est possible qu’elle soit déjà partie.
Je ne suis pas sûr qu’ils aient compris.
Dans la conversation, ces formes servent à rester prudent : on évite d’affirmer trop fort.
4.5 Jugement et appréciation
Quand vous évaluez une situation (bien/mal, dommage/utile/normal…), vous entrez dans une lecture subjective :
C’est dommage que tu ne puisses pas venir.
Il est normal que vous soyez fatigués après ce rythme.
C’est incroyable qu’il fasse si chaud en octobre.
4.6 But, concession, condition : les conjonctions qui déclenchent souvent le subjonctif
Certaines conjonctions introduisent une idée non factuelle (objectif, concession, éventualité). Elles appellent donc le subjonctif :
pour que : Je répète pour que tout le monde comprenne.
afin que : Je t’envoie le lien afin que tu puisses vérifier.
bien que / quoique : Bien qu’il soit occupé, il répond toujours.
à condition que : On valide, à condition que vous confirmiez par écrit.
avant que : Appelle-moi avant que je parte.
5) Indicatif ou subjonctif ? Les contrastes qui changent le sens
C’est ici que le niveau B2 se voit : vous ne choisissez pas un mode “automatiquement”, vous le choisissez selon le sens.
5.1 « Je pense que » vs « Je ne pense pas que »
Je pense qu’il a raison. (je présente ça comme probable/validé)
Je ne pense pas qu’il ait raison. (je n’adhère pas à l’idée : incertitude)

Attention
Erreur très fréquente : dire « Je ne pense pas qu’il a raison ». À l’oral, on l’entend parfois, mais en français standard (et à l’écrit), on attend « Je ne pense pas qu’il ait raison ».
5.2 « Il est certain que » vs « Il n’est pas certain que »
Il est certain qu’ils vont arriver. (certitude → indicatif)
Il n’est pas certain qu’ils arrivent à l’heure. (incertitude → subjonctif)
5.3 « Le fait que » : attention au sens
Avec le fait que, on peut trouver les deux selon l’intention :
Le fait qu’il est déjà parti explique son silence. (on présente un fait)
Le fait qu’il soit déjà parti me dérange. (on insiste sur la réaction / l’évaluation)
Dans la pratique, beaucoup de locuteurs utilisent le subjonctif après le fait que quand il y a une dimension d’appréciation ou de polémique.
6) Négation, questions et ordre des mots
Le subjonctif ne change pas l’ordre des mots : il se place dans la proposition introduite par que.
Affirmatif : Je veux que tu viennes demain.
Négatif : Je ne veux pas que tu viennes demain.
Question : Tu veux que je t’aide ? / Est-ce que tu veux que je t’aide ?
Dans la proposition au subjonctif, la négation encadre le verbe comme d’habitude :
Je suis content que tu ne sois pas seul.
Il faut que nous ne perdions pas de temps. (plus soutenu ; à l’oral on reformule souvent : « Il faut qu’on évite de perdre du temps. »)
7) Orthographe et accords : points à surveiller
Au subjonctif, les difficultés sont souvent orthographiques :
1) -ions / -iez : que nous parlions, que vous finissiez, que nous puissions. Ce sont des formes très visibles à l’écrit.
2) Verbes en -ger / -cer : que nous mangions (g + i), que nous commencions (ç + i).
3) Accord du participe passé : le mode ne change pas les règles. Exemple : Je suis content que tu aies pris le temps. / Je suis content que la décision ait été prise.
8) Subjonctif présent vs subjonctif passé : quand parler d’un fait antérieur
Le subjonctif passé sert à situer l’action de la proposition au subjonctif avant celle de la principale. Il se forme avec être/avoir au subjonctif présent + participe passé.
Je suis content que tu sois venu. (tu es venu avant : maintenant, je réagis)
Je regrette qu’ils aient annulé au dernier moment.
Il est possible qu’elle ait oublié.
Dans la langue courante, on utilise beaucoup ce temps pour commenter un événement passé sans l’affirmer comme totalement certain (surtout avec “possible”, “doute”, “pas sûr”).
9) Quand ne pas utiliser le subjonctif
Il y a des situations où l’indicatif est clairement attendu :
1) Certitude, constat, information : Je constate qu’il y a un problème. / Il est évident qu’elle a raison.
2) Après “après que” : Après qu’il est parti, on a fermé le bureau. (en français standard, c’est l’indicatif ; à l’oral, on entend parfois le subjonctif, mais ce n’est pas la norme.)
3) Avec “espérer que” : J’espère que tu viens demain. (indicatif, parce qu’on se projette vers une réalisation attendue)
10) Erreurs fréquentes et stratégies pour parler plus naturellement
Erreur 1 : choisir le mode par habitude. Réflexe utile : demandez-vous “Est-ce que je présente un fait ou une attitude ?”.
Erreur 2 : oublier l’irrégulier. Les verbes “être”, “avoir”, “faire”, “aller”, “pouvoir”, “savoir”, “vouloir”, “venir” reviennent tout le temps : ce sont vos priorités.
Erreur 3 : surutiliser le subjonctif. Quand vous êtes dans le factuel (“je sais”, “c’est sûr”, “c’est évident”), restez à l’indicatif : c’est plus clair et plus naturel.
Exercices

Entraîne-toi à utiliser les structures grammaticales étudiées dans cette unité.
| Exercice | Réponse |
|---|---|
| Complète avec le mode correct (indicatif ou subjonctif) : « Je pense qu’il (être) ______ déjà au courant. » | Je pense qu’il est déjà au courant. (indicatif : opinion présentée comme probable/validée) |
| Complète : « Je ne pense pas qu’il (être) ______ au courant. » | Je ne pense pas qu’il soit au courant. (subjonctif : non-adhésion / incertitude) |
| Conjugue au subjonctif présent : « Il faut que nous (faire) ______ un choix avant ce soir. » | Il faut que nous fassions un choix avant ce soir. |
| Transforme en utilisant « bien que » : « Il est très fatigué, mais il continue à travailler. » | Bien qu’il soit très fatigué, il continue à travailler. |
| Choisis la bonne forme : « Je suis heureux que vous (pouvoir) ______ venir. » | Je suis heureux que vous puissiez venir. |
| Mets au subjonctif passé : « Je regrette qu’elle (annuler) ______ le rendez-vous. » | Je regrette qu’elle ait annulé le rendez-vous. |
| Complète avec la forme correcte : « Il est possible qu’ils (avoir) ______ oublié l’adresse. » | Il est possible qu’ils aient oublié l’adresse. |
| Réécris en gardant le sens (subjonctif attendu) : « Je veux que tu me réponds aujourd’hui. » | Je veux que tu me répondes aujourd’hui. |
| Choisis le mode correct : « Après qu’il (partir) ______, on a commencé la réunion. » | Après qu’il est parti, on a commencé la réunion. (indicatif en français standard) |
| Complète : « Je suis surpris qu’il ne (dire) ______ rien. » | Je suis surpris qu’il ne dise rien. |
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